Un coup d’État manqué — et un appel à l’opinion publique
Dimanche 7
décembre 2025, un groupe de soldats, se réclamant du « Comité Militaire pour la
Refondation (CMR) », est apparu sur la télévision nationale pour annoncer la
dissolution du gouvernement, la destitution du président Patrice Talon et la
suspension des institutions. Ils ont déclaré vouloir mettre fin à un système
jugé incapable de garantir sécurité, justice et dignité pour les « frères
d’armes tombés » — évoquant en particulier l’aggravation de l’insécurité dans
le nord du Bénin et le prétendu « mépris » de l’État vis-à-vis des militaires
et des populations affectées. Al Jazeera+2The Guardian+2
Ces
arguments, bien que contestables, ont le potentiel de séduire une partie de
l’opinion publique — surtout dans un contexte où la peur de l’insécurité, des
violences ou du terrorisme se répand dans la sous-région. En surfant sur le
sentiment d’abandon ou de mécontentement, les putschistes tentaient de se poser
en « sauveurs » d’un ordre qu’ils estiment défaillant.
Un réveil rapide des institutions et la défaite de la mutinerie
Mais
l’opération n’a pas abouti : dans l’après-midi, le gouvernement, soutenu par
l’armée loyale, a rétabli le contrôle sur les émissions de la télévision
nationale et affirmé que la tentative de putsch avait été « foirée ». euronews+2euronews+2
Le bilan a
été sans équivoque : les forces de sécurité ont interpellé — selon les
premières annonces — une quinzaine de soldats impliqués. News24+1
La réaction
a également été rapide au niveau régional. Le bloc ouest-africain ECOWAS a
ordonné le déploiement immédiat d’une force de réaction pour appuyer le Bénin
et préserver l’ordre constitutionnel. saharareporters.com+1
De son côté, African Union (UA) a fermement condamné l’initiative, rappelant
l’engagement du Bénin — comme de tous les États membres — à respecter la
démocratie, l’alternance pacifique et l’État de droit. Union Africaine+1
Autrement
dit, les institutions se sont montrées fortes, réactives, et unies autour de la
légitimité constitutionnelle — un signe encourageant de résilience
démocratique.
Une stabilité retrouvée, le calme revenu
Lundi, la
capitale Cotonou retrouvait peu à peu son quotidien : les commerces et écoles
rouvraient, la circulation reprenait, et l’atmosphère de peur s’est dissipée. Africanews+1
Le
gouvernement a invité la population à garder son calme et à poursuivre ses
activités, affirmant son engagement à punir les responsables. euronews+1
Dans ce
contexte, nombreux sont ceux qui voient dans cette tentative de putsch un acte
isolé — une épine dans un contexte global de stabilité relative — plutôt qu’un
réveil d’un danger structurel.
Vers des
élections apaisées — et un avenir démocratique possible
Le Bénin
s’apprête à organiser une élection présidentielle en avril 2026, marquant la
fin des mandats de Patrice Talon. The Guardian+1
Le fait que
la crise ait été gérée rapidement, que l’ordre constitutionnel ait été
maintenu, et que les institutions — armée, médias publics, gouvernement,
autorités civiles — aient agi de concert, est un signal fort pour la
crédibilité du processus électoral à venir.
Même si les
revendications des mutins ne sont pas sans résonance (sécurité, justice,
reconnaissance des forces de défense), la riposte efficace et coordonnée montre
que le Bénin reste attaché à la voie démocratique — celle du dialogue, des
urnes, et de l’alternance pacifique.
Dès lors,
cet épisode, bien qu’inquiétant, pourrait — s’il suscite un sursaut citoyen —
renforcer l’attachement du peuple béninois aux institutions et conforter la
confiance dans l’avenir politique du pays.
Conclusion
La tentative
de coup d’État a soulevé des motifs de préoccupation légitimes — insécurité,
sentiment de négligence, frustrations diverses — que les putschistes ont tenté
de canaliser en appelant l’opinion publique à se rallier à leur cause. Mais en
agissant rapidement, en réaffirmant la légitimité de l’État et en mobilisant
tant les forces nationales que l’appui international, les institutions
béninoises ont démontré leur robustesse.
Si le calme
durable revient, que la sécurité s’améliore, et que les élections de 2026 se
déroulent dans un climat serein, le Bénin aura prouvé que même face à la crise,
il peut préserver sa démocratie — et engager, avec une nouvelle génération, un
avenir stable et participatif.


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