Tentative de coup d’État manquée au Bénin : ce que l’on sait

Le déroulé des événements

Le dimanche 7 décembre 2025, tôt le matin, un groupe de soldats a pris le contrôle de la télévision publique béninoise (ORTB) pour annoncer la destitution du président Patrice Talon et la dissolution des institutions de l’État. Ces militaires se sont autoproclamés « Comité militaire pour la Refondation » (CMR), et ont nommé le lieutenant-colonel Pascal Tigri à la tête de leur comité. Africanews+2boursorama.com+2


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Ils ont déclaré suspendre la Constitution, fermer les frontières, et interdire les partis politiques. allaboutlawyer.com+1 Dans les heures suivantes, des coups de feu ont été entendus à Cotonou, notamment près de la résidence présidentielle. boursorama.com+2cnews.fr+2

🤔 Les motifs invoqués par les putschistes

Dans leur déclaration, le CMR a justifié la tentative de coup d’État par plusieurs revendications et griefs à l’encontre du pouvoir en place :

  • Une « dégradation continue de la situation sécuritaire » dans le nord du pays. boursorama.com+2Africanews+2
  • Le mépris supposé envers les soldats tombés au front et l’abandon de leurs familles. boursorama.com+2boursorama.com+2
  • Des promotions jugées injustes dans l’armée, au détriment des plus méritants. boursorama.com+1
  • Une remise en cause des libertés fondamentales et des libertés politiques — notamment via des lois dénoncées comme « crisogènes » — ainsi que l’exclusion d’acteurs politiques jugés opposés à la gouvernance actuelle. boursorama.com+2euronews+2
  • Des revendications sociales, liées à la détérioration des conditions de vie au sein de l’armée mais aussi dans la société. boursorama.com+1

Ces raisons montrent que le putsch n’était pas une simple action opportuniste : les mutins ont cherché à justifier leur initiative comme une réponse à des dysfonctionnements de sécurité, de gouvernance et d’équité institutionnelle.


Riposte des forces loyalistes : la chute du putsch

Face à l’annonce du putsch, les forces régulières du pays — celles-ci restées fidèles à l’État — ont rapidement réagi. Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a déclaré que la tentative avait été « déjouée ». euronews+2letemoin.tg+2

Selon le gouvernement, un petit groupe de soldats mutinés avait lancé la manœuvre, mais la hiérarchie militaire et l’ensemble des Forces armées béninoises ont réaffirmé leur engagement envers la République. euronews+2Anadolu Ajansı+2

Dans l’après-midi, le contrôle de la télévision nationale a été rétabli et l’ordre rétabli dans les quartiers sensibles de la capitale. Plusieurs mutins — une douzaine selon les premières estimations — ont été arrêtés. boursorama.com+2boursorama.com+2

Le pays est officiellement resté sous contrôle, et le président Talon n’a pas été capturé, selon des sources proches de la présidence. Africanews+2allaboutlawyer.com+2


Fuite présumée du commanditaire : vers Lomé (Togo)

Quelques jours après l’échec du coup, un haut responsable gouvernemental béninois a déclaré que le chef présumé du putsch, Pascal Tigri, aurait pris la fuite et cherché refuge au Togo voisin. Reuters

L’appel lancée par Cotonou vise à son extradition, alors que le gouvernement togolais — pour l’instant — n’a pas officiellement confirmé ou infirmé cette information. Reuters+1

La fuite de Tigri vers Lomé alimente les spéculations sur la préparation du coup : l’utilisation d’un pays voisin comme sanctuaire suggère que le putsch pourrait avoir bénéficié d’un réseau plus large, ou avoir été planifié avec des appuis externes. Mais à ce jour, les autorités togolaises n’ont pas délivré de déclaration publique confirmant sa présence sur leur sol. Reuters+1


📰 Enjeux et implications

  • Stabilité institutionnelle : Cet épisode illustre la fragilité de la stabilité même dans un pays jusque-là perçu comme relativement stable. L’échec du coup renforce la légitimité du gouvernement, mais révèle des tensions internes substantielles.
  • Crise de confiance dans l’armée : Les motivations évoquées — sentiment d’abandon de soldats, injustice de promotions, insécurité dans le nord — révèlent un malaise profond au sein des forces armées et une fracture dans la hiérarchie.
  • Risque de contagion régionale : Le coup manqué survient dans un contexte ouest-africain déjà secoué par plusieurs putschs. L’intervention rapide de pays comme le Togo (si la fuite est confirmée) pourrait compliquer les relations diplomatiques.
  • Pressions sur les libertés et la gouvernance : Les accusations concernant des lois dites « crisogènes » et exclusion politique peuvent raviver les débats sur l’état de la démocratie et des droits au Bénin.
  • Importance de la justice et de l’extradition : La poursuite de Tougri, l’éventuelle coopération entre Bénin et Togo, ou le manque de transparence sur ces échanges, seront déterminants pour l’avenir politique du pays.

Conclusion

La tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 montre que le Bénin n’est plus à l’abri des soubresauts politiques qui frappent d’autres pays de la région. Si le putsch a échoué — grâce à la réaction rapide des forces loyalistes — les motifs invoqués par les putschistes soulignent des frustrations réelles : sécurité fragile, mécontentement au sein de l’armée, sentiment d’injustice et de marginalisation politique.

La fuite présumée du commanditaire vers Lomé pose désormais un nouveau défi : celui de la coopération régionale en matière de sécurité et de justice.

Le Bénin, au bord d’une présidentielle en avril 2026, entre désormais dans une phase cruciale. La manière dont l’État traitera les mutins arrêtés, le commanditaire fugitif, et les tensions internes sera déterminante pour sa stabilité future.

 


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