Bénin : Arrestation des militaires suite au coup d’État manqué du 7 décembre, puis vérité et enjeux
Le 7
décembre 2025 restera une date marquante dans l’histoire récente de la
politique béninoise. Ce jour‑là, une tentative de coup d’État militaire
a secoué le pays, déclenchant une réaction rapide des forces loyalistes, qui
ont réussi à mette fin à la mutinerie dans les heures qui ont suivi. Les
conséquences de cet épisode sont lourdes : des dizaines de militaires ont
été arrêtés, des acteurs politiques et civils se retrouvent sous le feu des
autorités, et une intense réflexion s’est installée sur l’avenir démocratique
du Bénin.
Un putsch annoncé puis déjoué
Au petit
matin du 7 décembre, des images rapportées dans plusieurs médias montrent un
groupe de soldats apparaissant sur la télévision nationale du Bénin pour
annoncer la destitution du président Patrice Talon et la dissolution du
gouvernement. Les mutins parlaient au nom d’un soi‑disant « Comité militaire
pour la refondation » et prétendaient avoir pris le contrôle du pays. Al Jazeera+1
Mais très
vite, le gouvernement et les forces armées régulières ont nié l’information,
affirmant que la situation était rapidement maîtrisée et que le
président n’était nullement renversé. En début de soirée, le président Talon a
lui‑même assuré que l’armée loyale avait repris le contrôle de tous les points
stratégiques et qu’aucune institution n’avait été durablement menacée. Reuters
Ce retour à
l’ordre a impliqué une action coordonnée des forces armées béninoises, appuyées
par certains partenaires régionaux. Des sources indiquent que des unités
régionales ont été mobilisées dans le cadre de la Communauté économique des
États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour soutenir le Bénin face à cette
crise institutionnelle. FratMat
Les arrestations : chiffres et déroulement judiciaire
Quelques
jours plus tard, alors que l’émotion retombait à Cotonou et dans le reste du
pays, la justice béninoise a commencé à rendre publiques des décisions
importantes. Le 16 décembre, un tribunal spécial à Cotonou a ordonné la
détention provisoire de 31 personnes, dont 30 militaires et un civil,
arrêtés dans le cadre de l’enquête sur la tentative de coup d’État. anews.com.tr
Ces
arrestations marquent une étape significative dans le traitement judiciaire de
l’affaire. La plupart des suspects étaient des membres en service des forces
armées béninoises, et tous ont été placés devant le juge du tribunal chargé
des affaires de terrorisme et d’atteinte à la sécurité de l’État. Ils font
l’objet de lourdes accusations, allant de la « trahison » à l’« atteinte à la
sûreté interne de l’État », ainsi que d’autres chefs d’accusation liés à leur
participation présumée au complot. anews.com.tr
Cette
décision judiciaire intervient à un moment particulièrement sensible, alors que
la société béninoise débat des motivations réelles des mutins et tente de
comprendre l’ampleur du complot. Selon certaines sources, des proches de
l’opposition politique seraient également impliqués, ce qui ajoute une
dimension politique à ce qui aurait d’abord semblé être une opération
strictement militaire. Bénin Web TV
Des implications politiques et sociales
La tentative
de coup d’État a immédiatement déclenché des réactions à différents niveaux du
paysage politique béninois. Les autorités ont tenu à rassurer la population,
soulignant que la Constitution était respectée et que la crise était sous
contrôle. Elles ont également promis que la lumière serait faite sur tous
les événements qui ont conduit à cet acte, tout en rappelant que la justice
agirait sans faiblesse. anews.com.tr
Sur le plan
politique, certains dirigeants de l’opposition ont condamné les actions des
militaires, tout en appelant à une enquête transparente et exhaustive.
L’arrestation de personnalités civiles — dont un député et des figures de
partis d’opposition — a suscité un débat houleux sur l’étendue réelle du
complot et sur les risques de politisation de la justice. Bénin Web TV
Du côté de
la société civile, des voix se sont élevées pour dénoncer toute utilisation de
la force dans la vie politique. Par exemple, la Conférence épiscopale
catholique du Bénin a fermement condamné la tentative de coup et tout recours à
la violence, la qualifiant de menace grave pour l’unité et la paix
nationale. ACI Afrique
Réactions régionales et internationales
La tentative
de renversement a également attiré l’attention des institutions régionales et
des partenaires internationaux. La CEDEAO a fermement condamné l’action,
dénonçant une violation de l’ordre constitutionnel et réaffirmant son
engagement pour la stabilité démocratique dans la région. FratMat
Certaines
puissances étrangères ont aussi pris position. Là où certaines contributions
ont été diplomatiques, d’autres ont été plus directes : des soutiens à la
sécurité ont été mobilisés pour aider les forces béninoises à reprendre le
contrôle. La France, par exemple, a confirmé avoir apporté un soutien
logistique et des moyens d’observation aux autorités béninoises au moment de la
crise. afrique-sur7.fr
Le rôle
du leadership militaire dans le Bénin post‑coup
Un point
central de cette affaire reste le rôle joué par certains officiers. Le coup
manqué aurait été mené par un groupe de militaires dissidents dirigé par un
lieutenant‑colonel, dont l’identité fait encore l’objet de confirmation dans
plusieurs enquêtes journalistiques et judiciaires. Wikipedia
La rapidité
avec laquelle les forces loyalistes ont réagi, et la coordination dont elles
ont fait preuve avec les partenaires régionaux, ont été saluées par plusieurs
observateurs. Cela a notamment permis d’éviter une escalade plus grave de la
violence et un effondrement institutionnel du pays. Al Jazeera
Conséquences pour la démocratie béninoise
Le Bénin,
longtemps perçu comme une démocratie stable en Afrique de l’Ouest, n’avait pas
connu d’événements de cette nature depuis plusieurs décennies. Cette tentative
de coup et les arrestations qui ont suivi posent des questions majeures sur
l’état de la cohésion entre les forces armées, le gouvernement et les citoyens.
L’une des
grandes interrogations reste celle de la confiance entre les militaires et
les institutions civiles. Alors que certains estiment que l’armée a failli
à son devoir de neutralité, d’autres soutiennent que l’épisode démontre au
contraire la force des institutions qui ont su absorber le choc et réagir
efficacement.
Dans tous
les cas, cet épisode historique pourrait avoir des répercussions profondes sur les
futures élections, les relations entre l’État et l’opposition, et sur les
orientations sécuritaires du Bénin dans une région où les coups d’État ont
récemment été nombreux. Al Jazeera
Conclusion
L’arrestation
de près de trente militaires après la tentative de coup d’État manqué du 7
décembre représente un moment décisif dans la vie politique du Bénin. Au‑delà
des accusations pénales, c’est tout le contrat social entre l’armée, l’État et
la population qui est aujourd’hui en jeu. La manière dont la justice et les
autorités politiques géreront les prochains jours et mois déterminera en grande
partie la trajectoire démocratique du pays.

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